23 juin 2009
Démocratie
Continuons un brin sur la cuarta urna. Aujourd'hui, dans les journaux honduriens : Le directeur d'un grand hôpital près de San Pedro Sula, dans le nord-ouest du pays, a été congédié sans raison apparente. La veille, il s'était prononcé publiquement contre la quatrième urne du Président Zelaya.
Liberté d'expression quand tu nous tiens.
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22 juin 2009
La Cuarta Urna
Ici à Tegucigalpa, tout le monde ne parle que de la Cuarta urna, la quatrième urne. C’est dans les journaux, c’est en graffiti sur les murs, c’est à la télévision, etc. Allons-y pour l’explication la plus brève et concise possible : Au Honduras, la Constitution stipule qu’un Président ne peut faire qu’un seul mandat. À la fin de ses quatre ans au pouvoir, c’en est donc normalement terminé pour lui. Or, Manuel Zelaya, le président actuel, souhaite changer cet aspect constitutionnel, et pour se faire, il doit avoir l’appui de la population. Mais changer la constitution est tâche ardue (bon, moins qu’aux Etats-Unis quand même). D’abord, un référendum doit être organisé et une majorité du peuple doit choisir s’il accepte ou non qu’une quatrième urne soit ajoutée au bulletin de vote des prochaines élections générales. C’est dans cette quatrième urne que sera demandé de façon claire, si les honduriens permettent un changement constitutionnel. En bref donc, les honduriens sont appelés à aller voter, ce dimanche 27 juin, à savoir s’ils permettent ou non l’ajout d’une quatrième urne sur leur prochain bulletin de vote de novembre prochain.
Si on en croit les médias honduriens, plus de 80% de la population hondurienne serait contre ce changement, tout comme une majorité des députés du congrès national. Les honduriens croient que Zelaya, qui s’est rapproché d’Hugo Chavez durant son mandat, tente simplement de se faire réélire, et que cette histoire du « pas assez de quatre ans » n’a rien avoir avec le développement durable. Pour des étudiants universitaires avec qui je me suis entretenue, le Honduras compte malheureusement une population mal informée et mal éduquée. Restreindre les mandats présidentiels à quatre ans constituerait donc un gage de sécurité : pas de dictateur… pour plus que quatre ans.
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08 juin 2009
Être avec
Note : Ce texte a été rédigé pour la revue Jésuite LE BRIGAND. Je le colle ici puisqu'il résume assez bien les deux premières semaines du stage...
Nos deux premières semaines de stage ont vraiment été celles de la découverte. Du tour de la ville de Tegucigalpa jusqu’à l’adaptation à la cuisine hondurienne, en passant bien sûr par la mise à l’épreuve ardue de nos connaissances d’espagnol. Tout était nouveau, et tout était merveilleux, comme le disait si bien Myriam (une des stagiaires), enchantée qu’elle était par tant de découvertes.
Ces deux semaines ont également été pour nous une vraie initiation à la coopération internationale. Comme nous avions averti Mer et Monde que nous étions huit filles avec des intérêts aussi variés que notre motivation était grande, Isabelle, notre coordonnatrice, nous avait préparé un horaire bien rempli. Nous avons donc rencontré des dizaines de personnes durant ces quatorze premiers jours. Autant d’expériences pour nous faire comprendre que la coopération, cela repose sur des rencontres. Et c’est d’une rencontre particulièrement marquante dont j’ai envie de vous parler.
Vers le début de la deuxième semaine de stage, nous sommes allées passer quelques heures avec des enfants sous traitement à l’hôpital, des enfants atteints de leucémie. Je me souviens des paroles toutes simples d’Isabelle, avant d’entrer : « Rappelez vous, ce sont des enfants. Ils ont envie de se changer les idées, tout simplement. »
Puis nous sommes entrées. Et comme nous sommes toutes humaines, avec notre bagage personnel et nos qualités différentes; nos réactions ont été différentes. Certaines se sont immédiatement senties à l’aise avec ces enfants, d’autres ont cherché leur place pendant quelques instants. Je dois avouer que j’étais de celles qui cherchaient leur place.
J’ai commencé par tenter de changer les idées d’un garçon d’environ huit ans, seul dans le fond de la salle. Il déclinait toutes mes offres de jeux, de bricolage ou de dessin, et ne répondait à mes questions seulement que par des petits mouvements de tête. Après quelques minutes, je ne savais plus quoi faire ni quoi dire. J’ai donc décidé d’aller voir comment les autres stagiaires se débrouillaient.
Je sentais pourtant que le petit bonhomme me suivait des yeux. Je suis donc revenue vers lui : « Tu es certain que tu ne veux pas un petit maquillage? » Il me fit signe que non de la tête. « Tu aimes bien la solitude, n’est-ce pas? » Cette fois, j’eus droit à un oui. « Alors est-ce que tu veux que je te laisse seul à nouveau ? » Il me fit alors signe que non…
Je suis donc restée assise à ses côtés jusqu’à la fin de l’après-midi. J’ai dessiné tant bien que mal le chandail de la sélection nationale de soccer du Honduras, que je lui ai laissé. Nous avons à peine échangé quelques phrases. Et puis 16h00 est arrivé, et j’ai dû partir. Il a lentement soulevé sa petite main pour me dire au revoir.
Je suis sortie bouleversée de l’hôpital, ne sachant pas si j’avais adopté la bonne attitude, si j’avais fait la bonne chose avec ce petit garçon. Aujourd’hui, je crois que oui. Parce que finalement, c’est peut-être juste ça, le fameux « être avec » de Mer et Monde. Trouver le jeu intéressant, la parole appropriée, faire les bons gestes au bon moment; ce n’était pas le plus important. Ce que nous faisions concrètement avec ces enfants, cela n’avait pas tant d’importance, c’était un prétexte pour être avec eux, simplement.
Nous n’avons certainement pas changé le monde cet après-midi-là, mais nous avons été là, avec ces enfants.
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06 juin 2009
Le transport
Bon, pour ceux qui ont suivi les aventures de Caro au Paraguay, vous savez deja que lorsque je suis á l´étranger, jaime bien parler des autobus.
En effet, j´ai toujours pensé qu´on pouvait en apprendre beaucoup sur un pays en observant son transport en commun. (Je pense notamment a deux voyages d´égal distance, un qui a pris 3 heures en Italie, et l´autre 35 minutes en Suisse)
Alors voilá, au Honduras, les autobus de Tegucigalpa, ce sont des autobus jaunes. Nos autobus scolaires jaunes et noirs. Enfin, pas les notres. Plutot ceux des USA qui ne respectent plus les régles lá bas. La seule différence avec les notres, c´est qu´il y a une porte en arriere, pour faciliter les deplacements. Imaginez vous des gens en veston cravates entassés dans un autobus scolaire. C´est spécial. Du moins au début.
Alors, dans ces autobus jaunes, il y a un chauffeur qui s´occupe seulement de conduire, et un cobrador (un chargeur). Lui se tient debout devant la porte et hurle les lieux connus qui figurent parmi les destinations de l´autobus. Il s´occupe aussi de collecter l´argent, evidemment. Dés que des pietons manifestent un quelconque intéret de monter á bord, il saute en bas du bus, toujours en hurlant les destinations, et se place derriére la file de gens afin de s´assurer qu´il monte. S´il est á la porte de derriére (parce qu´on peut monter de n importe ou), il frappe sur lautobus sans arret afin que le chauffeur ne parte pas sans lui, ni sans ses passagers potentiels.
Le systéme de transport n´est pas public. Nimporte qui peut sacheter une ligne dautobus. Et evidemment, les salaires varient. C est a dire que les profits sont divisés afin de payer dabord le proprietaire de la ligne, ensuite celui du bus, enfin le chauffeur et en tout dernier, le cobrador. Ceci expliquant cela, on comprend le zéle des cobradors et leur immense désir de voir entrer á bord le plus de passagers possibles.
Nombre d´accident á date : 0
Nombre de fois ou on a demandé au Cobrador si le bus passait vraiment par un certain point, et qu´il nous a dit OUI OUI seulement pour qu´on monte, et qu´on s´est ensuite rendu compte que NON : 3
15:22 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02 juin 2009
L´arrivée au Honduras
Aprés un trajet sans embuche, nous voila toutes (moi et les 7 filles que j´accompagne en stage de coopération internationale) aux portes de Tegucigalpa, anxieuses et heureuses d´entreprendre l´aventure. Je regarde les visages des filles qui changent, á mesure que défilent devant nos yeux les différents lieux de la capitale hondurienne.
Moi, j´ai l´impression d´etre en terrain connu. Bien que je n´aie jamais mis les pieds en Amerique Centrale, le chaos des rues me rassure. Le son des klaxons, les cris, les bruits des parchocs qui s´éclatent contre les plaques de ciments éparpillées au milieu des rues, les enfants de la rue qui tentent de vendre leur marchandise d´un triste enthousiasme; je suis enfin revenue dans cette partie du monde que l´on appelle l´Amerique Latine.
Pourtant, tout est different. Ce n´est pas le Paraguay ici, ni le Pérou et encore moi CUba. L´Amérique Latine se présente á moi comme l´a fait l´Europe. Une grande homogénéité dans la différence. Non, plutòt une grande différence dans lhomogénéité. Puis ah, je ne sais plus...
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24 mars 2009
Je.. ben.. hen ?
Voici la transcription d'une conversation que j'ai eue avec un gars dans un autobus, en me rendant à CIBL. J'aimerais préciser que le gars n'a pas du tout l'air d'un bizarre.
J'entre tranquillement dans l'autobus, un journal Le métro dans les mains, et je m'assois.
- Gars : Bonjour, est-ce que tu me passes ton journal ?
- Moi : Ah euh oui oui, tiens.
Le gars regarde la Une, puis me regarde.
- Gars : Tu vis à Hochelaga ?
- Moi : Non
Silence
- Gars : ALors tu es juste de passage ?
- Moi : Je suppose que oui.
Court silence
- Gars: Tu es Suisse ?
- Moi : Euh, Non.
...
Moi : Toi ?
- Gars : Quoi moi ?
- Moi : T'es Suisse toi ?
- Gars : Non, pas tellement.
- Moi : Ah.
Long silence
- Moi : Bonne journée.
- Gars : Oui, salut !
Fin
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